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Sida - Jean-Claude Chermann, l'oublié du Nobel de médecine

L'attribution du prix Nobel de médecine aux chercheurs français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier a suscité de vives réactions au sein de la communauté scientifique française. Réactions de joie et de fierté, bien sûr, mais aussi d'étonnement.

Un comité de soutien s'est ainsi créé mardi pour que le Nobel soit également attribué au professeur Jean-Claude Chermann parce que, selon ce comité, "il n'y a pas deux mais trois codécouvreurs officiels du virus" du sida. "J'étais vraiment une pièce maîtresse. C'était dans mon labo. C'était moi le rétrovirologue", a confirmé le Pr Chermann. "On a été trois à défendre devant les Américains notre découverte publiée en mai 1983", a-t-il ajouté. Le scientifique est l'un des signataires de l'accord franco-américain du 31 mars 1987, "un compromis attribuant la découverte du virus du sida - et ses retombées financières - à la fois à la France et aux Etats-Unis", a rappelé le comité de soutien.

Dans un premier temps, le Pr Chermann avait refusé de signer. "Je l'ai signé parce que j'ai reçu l'ordre de l'Institut Pasteur. Ca a été une des causes de mon départ", a-t-il indiqué. "J'ai quitté l'Institut Pasteur en 1988. Je pense que c'est peut-être ce que je paie ou ce que j'ai payé. Je n'en sais rien", a-t-il déclaré. "Le Comité (du Nobel, NDLR) sait aussi que je suis sur un programme important", a-t-il ajouté.

Heureux, étonné et fier

Au sein de la société Urrma (Unité de recherche rétrovirus et maladies associées) à Aubagne (Bouches-du-Rhône), il travaille à la préparation "d'un anticorps thérapeutique" pour les malades du sida en échec de traitement. Ses recherches portent aussi sur la mise au point d'un test permettant de déterminer les patients qu'il faut traiter immédiatement et ceux chez qui on peut attendre pour démarrer un traitement. "Qui dit anticorps dit antigènes. On va préparer un vaccin thérapeutique (pour les personnes infectées, NDLR) et un vaccin prophylactique" (préventif), a-t-il poursuivi.

A propos du Nobel, le Pr Chermann s'est dit surpris du nombre de mails qu'il reçoit "de gens offusqués". "Je suis vraiment heureux et étonné. Je ne m'attendais pas à ça", a-t-il dit. Et d'ajouter : "Je félicite Luc et Françoise (...) C'est une reconnaissance de la découverte de Français. Je suis très fier d'avoir contribué à ça."

Besoin de financement

L'attribution du Nobel offre également l'occasion aux chercheurs français de plaider leur cause auprès des pouvoirs publics. Lors d'une conférence de presse à l'Institut Pasteur, où elle a mené avec le professeur Montagnier les travaux ayant abouti à la découverte du rétrovirus responsable du sida en 1983, Françoise Barré-Sinoussi a déclaré qu'elle essaierait "de faire passer des messages pour que cette recherche en Europe, en France, reste une recherche de haut niveau". "Nous avons besoin (...) d'avoir des financements en particulier pour les jeunes chercheurs", a-t-elle ajouté. Avec Luc Montagnier, directeur de la Fondation mondiale recherche et prévention sida, elle devait rencontrer, ce mercredi, en fin d'après-midi Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

"L'ensemble de la communauté française, (...) reçoit indirectement un petit bout de ce Nobel", a souligné le directeur de l'Agence nationale de recherche pour le sida (ANRS) Jean-François Delfraissy, pour qui l'attribution du Nobel aux deux chercheurs français "montre que la recherche biomédicale en France peut être gagnante". "J'espère que ce rayon de soleil pour l'ensemble de la communauté scientifique dans le domaine biomédical permettra de nouveau d'attirer les jeunes les plus brillants, (...), et permettra aussi à ceux qui nous gouvernent d'augmenter légèrement le pourcentage consacré des financements à la recherche biomédicale dans son ensemble" a-t-il dit. La directrice de l'Institut Pasteur, Alice Dautry, a souligné de son côté que le coût de la recherche "augmentait beaucoup plus que l'augmentation du coût de la vie" tandis que les budgets des instituts de recherche demeuraient "stables ou décroissants".

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