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France : la malnutrition, conséquence de la précarité

Le 16 décembre 2007

Près de 10% des sujets dans un état proche du scorbut, 25% victimes d’hypertension, 20% de femmes anémiées, 56% des personnes de l’échantillon concernées par l’obésité ou le surpoids...  détrompez-vous, nous ne sommes pas dans un pays en voie de développement, mais en France !

Ces chiffres inquiétants sont le fruit d’une enquête réalisée par l’Institut de Veille Sanitaire auprès d’un millier de personnes ayant recours aux distributions de colis alimentaires. Ils ont été pointés du doigt lors d’un colloque «Nutrition et précarité», organisé par la ville de Brest le 6 décembre dernier.

Une telle situation – indigne d'un pays comme la France - concernerait entre 3,7 millions et 7,1 millions selon les seuils utilisés.

"Ce sont des personnes qui touchent le RMI ou autres minima sociaux", explique Christine César, socio-anthropologue au Conservatoire National des Arts et Métiers, "mais aussi des travailleurs - et on devrait plutôt dire des travailleuses car ce sont très majoritairement des femmes -, des travailleuses pauvres, donc, qui occupent des emplois peu payées et des temps partiels subis".

Au sein de ces familles, le budget
alimentation n'est que d’environ 2,60 € par personne et par jour quand des études ont montré qu’en dessous de 3,50 €, il est impossible de couvrir les apports alimentaires conseillés et donc d’échapper aux carences.

Alors, quand “l’objectif principal est de lutter contre la sensation de faim”, on n'hésite pas trop longtemps entre 1 € de fruits et légumes qui fournit 76 calories en moyenne, et 1 € de chips ou de barre chocolatée qui apportent près de 400 calories : «Les plus pauvres choisissent l’investissement le plus rentable sous le rapport coût-calories, au détriment de leur capital santé». «Dans ce contexte, à quoi peuvent servir les recommandations du Programme National Nutrition Santé si elles demeurent inaccessibles à la partie la plus défavorisée de la population ?», se sont interrogés les participants au colloque, des professionnels de la santé et du social.

Christine César propose la création d’un «ticket fruits et légumes» qui pourrait être attribué par les organismes sociaux et permettrait aux personnes d’acheter ce type d’aliments «dans les magasins de leur choix». Un système qui fait actuellement l’objet d’une expérimentation par le Centre d’examen de santé de la Caisse primaire d’assurance-maladie de Bobigny.

Les problèmes nutritionnels qui accompagnent la pauvreté et les inégalités sociales de santé sont une réalité qui pourrait peser lourd sur la la santé publique. Mieux connaître la situation sociale et alimentaire des populations en difficulté pour tenter d’apporter des solutions adaptées, est l’objectif de l’étude "Abena", conduite auprès de bénéficiaires de l’aide alimentaire.

Le n°11-12/2006 du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’INVS du 21/03/06 fait état des premiers résultats des deux volets de cette étude. L’approche socio-démographique et l’étude des conditions de vie ont mis en évidence que l’absence de revenu et/ou d’emploi est le trait commun de toutes les zones géographiques étudiées (94,5 %), bien que des situations différentes soient observées. A Paris, l’échantillon est caractérisé par des proportions élevées d’hommes (73,4 %) sans domicile fixe ou vivant dans des hôtels (57,2 %), tandis qu’à Dijon ou en Seine-Saint-Denis, les personnes recourant à l’aide alimentaire sont plutôt des femmes (respectivement 86,6 % et 82,4 %) et vivant dans un logement fixe (63,1 % et 75,9 %). Marseille ayant une situation intermédiaire.

Pour les personnes interrogées, l’aide alimentaire représente la première source d’approvisionnement pour l’ensemble des produits, suivi par le hard discount.  49,6 % déclarent ne pas avoir assez à manger, parfois ou souvent,  48,6 % ont recours à l’aide alimentaire depuis un an ou moins, la durée moyenne de fréquentation étant de 25 mois.

L’examen nutritionnel montre des risques accrus pour une proportion élevée des sujets, en ce qui concerne de nombreux facteurs de risque de maladies chroniques, notamment l’hypertension, ainsi qu’une prépondérance de surpoids et d’obésité chez les femmes.

Les populations défavorisées sont donc très exposées aux conséquences nutritionnelles de la précarité (maladies chroniques, obésité...), conséquences qui pénalisent encore davantage leur réinsertion, la recherche d’un emploi étant d’autant plus compliquée lorsqu’on est en mauvaise santé.

Sources : http://www.leblogfinance.com/2007/12/france-la-malnu.html

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