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Visite au pays le plus pauvre en eau du monde

Le samedi 06 octobre 2007

Les agriculteurs égyptiens font des miracles avec un minimum d'eau. C'est comme ça depuis toujours. Mais encore en faut-il un peu, ce qui n'est plus le cas.

Au point où ces «assoiffés», joints par ceux des villes et des villages, ont manifesté cet été et forcé le gouvernement du Caire à s'impliquer à coup de millions. Une lutte qui n'est pas gagnée d'avance, car l'Égypte est le pays ayant les ressources en eau douce les plus faibles au monde, avec 26 mètres cube par personne par an. À titre de comparaison, les Canadiens en ont largement plus de 50 000 mètre cubes par personne.


L'oasis de Fayoum, 130 km au sud-ouest du Caire.
Photo AP


Faroniya, Égypte - Le visage émacié et creusé de rides, Mortada Abd-Mageed arrache un épi de maïs brûlé par le soleil. Il se penche et ramasse une poignée de terre desséchée. Le paysan du village de Faroniya, à une quarantaine de kilomètres au nord du Caire, est en colère. Le canal d'irrigation qui dessert cette partie du village du gouvernorat de Menofiya est presque à sec. L'eau ne parvient jusqu'à sa terre qu'une fois par mois, estime-t-il.

«On manque d'eau depuis toujours, dit l'homme de 55 ans. Mais depuis environ trois ans, ça s'est aggravé.» Quelques volailles tentent tant bien que mal de patauger dans ce qui ressemble davantage à une tranchée boueuse qu'à un canal d'irrigation.

Les récoltes sont de moins en moins bonnes. Les paysans ont laissé tomber la culture de la pomme de terre pour se concentrer sur celle du maïs, moins exigeante en eau.

Des canaux d'irrigation trop longs et mal entretenus, une stratégie centrale inexistante et la corruption de certains conseils locaux sont quelques-unes des raisons citées par un organisme de défense des droits des paysans, le Centre de la terre, pour expliquer les difficultés des agriculteurs. «Le vrai problème, c'est que les canaux existent, mais l'eau, elle, n'existe pas. Certains la gardent pour eux, aux dépens des paysans les plus pauvres», s'indigne un chercheur du centre, Hamdy Mabed. «C'est sûr que le problème va encore s'aggraver», ajoute-t-il. Selon lui, le gouvernement a laissé tomber les paysans, les laissant à la merci des magnats de l'agriculture.

Pour pallier le manque d'eau, les villageois de Faroniya ont fait creuser un puits. «L'eau souterraine n'est pas pratique, indique Abd El Bassit Qobt, 42 ans. Elle nuit à la qualité de la terre à cause de sa forte teneur en sel. La terre devient beaucoup moins fertile.» En effet, une mince couche blanche couvre la terre craquelée. Le sel nuit à la qualité et à la croissance du maïs, alors les paysans n'arrivent pas toujours à le vendre. Hamdy Mabed estime que le sol deviendra incultivable dans deux mois si les agriculteurs continuent d'utiliser l'eau souterraine. Les villageois se plaignent également de problèmes de santé, notamment aux reins, dus à cette eau salée qu'ils sont contraints de boire.

Les «assoiffés» s'indignent

Les habitants de Faroniya ne sont pas les seuls à avoir des problèmes. Villes et villages ont été privés d'eau potable pendant plusieurs jours cet été. L'Égypte a connu une vague de manifestations, menées par les «assoiffés», comme la presse égyptienne a appelé les victimes de cette pénurie.

Devant une grogne populaire très médiatisée, le gouvernement a été contraint d'annoncer des mesures d'urgence. Un milliard de livres égyptiennes, soit environ 185 millions de dollars, devraient ainsi aider la population la plus touchée par le problème d'ici avril prochain.

Il semble pourtant que l'Égypte ne soit pas au bout de ses peines. Un rapport du Centre national de recherche sur l'eau, organisme gouvernemental, a conclu récemment que le pays risque de souffrir d'une pénurie d'eau généralisée vers 2025. L'accroissement rapide de la population, combinée à la pollution et à la désuétude des infrastructures, sont en cause.

Du côté de Faroniya, le pessimisme règne. «Il n'y a plus de solidarité entre les villageois. Les gens se battent pour l'eau», déplore Mortada Abd-Mageed. Des paysans n'ont plus les moyens d'envoyer leurs enfants à l'école. La jeune génération sort du milieu agricole pour se trouver un emploi à l'extérieur. Pour les plus âgés, cette solution est impensable. «On ne peut pas déménager. Cultiver la terre, c'est tout ce qu'on sait faire», dit Abd Al-Ati Azzab, dont le fils de 25 ans travaille dans une usine de métallurgie.

Égypte

80 millions d'habitants
Moyenne d'âge: 24 ans
Principaux secteurs d'emplois
Agriculture: 14,7%
Industrie: 35,5%
Services: 49,8%

Source: CIA Factbook

Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20071006/CPENVIRONNEMENT/71006018/6108/CPENVIRONNEMENT

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