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La mort inquiètante des coraux

Le 13 Septembre 2007 
 
Pour la première fois, les coraux figurent dans la Liste rouge des espèces menacées, révélée hier. Le constat est accablant: d'ici peu, quelque 40% des espèces pourraient disparaître. En cause: la pollution, le tourisme, la surpêche, et surtout les changements climatiques.  
  
C'est une entrée remarquée dans la désormais célèbre Liste rouge. Pour la première fois, les coraux sont inscrits dans le répertoire des espèces menacées, mis à jour chaque année par l'Union mondiale pour la nature (UICN) à Gland (VD), et révélé hier. Sur Terre, ce sont 20% des récifs coralliens qui ont été détruits durant les dernières décennies, selon la revue Science. De plus, 40% des coraux sont sur le point de disparaître dès l'an prochain, indique Jean-Christophe Vié, coordinateur adjoint du programme des espèces à l'UICN. Et cela probablement en grande partie à cause des activités humaines.

«Jusqu'à ce jour, la Liste rouge s'est focalisée sur les espèces terrestres. On a longtemps négligé les océans, car on pensait que les ressources y étaient inépuisables, explique le spécialiste. Mais depuis peu, avec le Programme d'évaluation globale des espèces marines (en anglais Global Marine Species Assessments, ou GMSA), on dispose enfin de données fiables.»

Bien qu'elles ne couvrent qu'une infime portion de la surface des fonds marins (au plus 0,1%), les 850 espèces de coraux durs dans le monde qui forment les récifs abritent et servent à nourrir jusqu'à 9millions d'espèces – un tiers de la vie marine – dont 4000 de poissons. «Les récifs représentent l'équivalent, sous l'eau, de la forêt tropicale en termes de bercail de la biodiversité. S'ils disparaissent, nombre d'autres espèces végétales et surtout animales risquent de s'éteindre», simplifie Jean-Christophe Vié. Qui plus est, les coraux permettent de générer des revenus annuels de 30 milliards de dollars dans les domaines de la pêche, du tourisme et de la protection contre les raz de marée, estime dans Science Camilo Mora, expert à l'Université Dalhousie de Halifax, au Canada.

Pour l'heure, la Liste rouge ne contient que les données sur les coraux de l'archipel des Galapagos. Plus de 90 espèces y ont été évaluées, mais seules les dix qui sont endémiques ont été finalement retenues. Le constat est accablant: deux espèces ont immédiatement été placées dans la catégorie «en danger critique d'extinction» et une dans la catégorie «vulnérable».

La situation est similaire dans les Caraïbes. Selon une étude rendue publique en juin dernier, 10% des 62 coraux constructeurs de récifs y sont menacés. «Un des plus beaux écosystèmes marins de l'Atlantique disparaît à plusieurs endroits à cause de la recrudescence des maladies coralliennes, causées en grande partie par l'augmentation des températures de l'eau», confirme Michael Smith, de l'organisation Conservation International. Ces espèces seront incluses sur la Liste rouge l'an prochain.

Si les causes de ces extinctions sont diverses, les scientifiques s'accordent à dire que les changements climatiques y sont pour beaucoup. Qu'ils soient d'ordre naturel (phénomène El Niño) ou dus au réchauffement causé par l'augmentation des gaz à effet de serre. La bonne santé des récifs dépend en effet souvent de la température de l'eau. Les coraux vivent en symbiose avec de minuscules algues, appelées zooxanthelles, qui leur apportent des nutriments ainsi que leur couleur. Lorsque la température de l'eau dépasse la moyenne saisonnière de plus de 1°C durant plusieurs semaines, les coraux, pour une raison encore mal connue, expulsent ces zooxanthelles, et deviennent pâles, le squelette calcaire apparaissant. S'ils ne récupèrent pas ces micro-algues dans le mois, ils meurent de ce «blanchissement».

«Durant l'hiver 1982-83, le phénomène El Niño, qui a fortement réchauffé les eaux entourant les Galapagos (+ 5°C durant une douzaine de mois), y a fait de gros dégâts», cite Graham Edgar, spécialiste des coraux à l'Université de Tasmanie, qui a travaillé longtemps dans l'archipel. Ainsi, la réduction du corail solitaire de Wellington (Rhizopsammia wellingtoni) se monte à 90% depuis cette date; il est même possible que cette espèce soit déjà éteinte, les récentes recherches n'ayant permis aucune observation. Et en 1998, la succession d'El Niño et de La Niña a causé la mort de 16% des coraux à travers le monde, selon le rapport The Status of Coral Reefs of the World: 2004.

En Australie, la Grande Barrière de corail aussi a connu deux graves épisodes de blanchissement en 1998 et 2002: entre 60 et 95% des récifs ont été touchés. Les coraux ont repris leurs couleurs au bout de quelques semaines, mais 10% sont morts. «Nous sommes chanceux par rapport aux Maldives, où la quasi-totalité a été détruite, relevait récemment dans Le Monde Paul Marshall, l'un des responsables du parc marin de la Grande Barrière. Mais la perspective de voir se renouveler les épisodes de blanchissement nous inquiète fortement.» Le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), dans son quatrième rapport rendu en avril, prédit en effet une hausse des températures des surfaces océaniques de 1 à 3°C...

Le réchauffement climatique a un second effet pervers, faisant encore l'objet de nombreuses études: l'acidification des océans. Des mers plus chaudes absorbent davantage de gaz carbonique (CO2). Une fois dans l'eau, celui-ci s'y transforme en acide carbonique. Et s'il s'y concentre en trop grande quantité – ce qui pourrait arriver d'ici le milieu du siècle, selon les spécialistes –, cela empêcherait les coraux de fabriquer leur squelette calcaire, celui-ci étant vite dissous à l'image d'une coquille d'œuf dans un verre de vinaigre. Or les coraux sont aux récifs ce que l'acier est au gratte-ciel. D'aucuns imaginent même déjà des océans uniquement peuplés d'algues et d'anémones.

Une étude publiée en mars dans la revue Nature tempère cette crainte. Elle montre que les coraux pourraient survivre dans des eaux plus acides. Attention toutefois à ne pas se réjouir trop vite, reconnaît son auteur, Maoz Fine, zoologiste marin à l'Université Bar-Ilan, en Israël: «Les coraux, s'ils survivaient, ne formaient plus de récifs afin de se connecter et de partager leurs nutriments, mais croissaient de manière plutôt isolée.»

Une autre menace «naturelle» pèse encore sur les coraux: les sédiments se déversent désormais en plus grande quantité dans les mers. En opacifiant l'eau, ils empêchent une bonne photosynthèse. En cause: les cultures et l'élevage pratiqués sur les côtes qui favorisent l'érosion des sols, ainsi qu'un usage abusif des pesticides qui finissent dans l'océan.

Enfin, comme si les coraux n'étaient pas assez sous pression, la pollution côtière, les tsunamis, la pêche aux explosifs ainsi que les touristes-plongeurs imprudents détruisent aussi les récifs. Et la surpêche permet aux algues, dont se nourrissent habituellement les poissons, de proliférer jusqu'à étouffer les coraux. Une analyse récente, parue dans Current Biology, indique que 27 parmi 49 Etats insulaires vivants notamment de la pêche exploitent les ressources halieutiques vivant aux abords de leurs coraux de manière non durable. Selon Graham Edgar, «c'est ainsi un mélange de réchauffement de l'eau et de surpêche autour des Galapagos qui aurait fait disparaître le corail solitaire de Wellington, les poissons prédateurs des oursins n'étant plus assez nombreux pour empêcher ces derniers de pulluler et coloniser les récifs».

Le tableau est sombre, la majorité des spécialistes le disent. Mais des mesures peuvent être prises. Mieux gérer la pêche, d'abord. Et établir des zones maritimes protégées: dans le parc marin de Bonaire (Antilles néerlandaises), les impacts directs par l'homme ont été réduits, permettant l'épanouissement des coraux. Dans la Grande Barrière, 30% des zones ont été classées «zones vertes» en 2004, avec à la clé une amélioration de l'état des récifs. Et pour prévenir les blanchissements, des solutions d'appoint locales sont mêmes testées, là où sont situées des infrastructures touristiques: immenses parasols freinant l'augmentation de la température de l'eau, systèmes d'arrosage destiné à diminuer l'intensité de la lumière pénétrant dans l'eau.

Contrer la menace des changements climatiques sera en revanche plus ardu: «Le réchauffement ne reconnaît pas les aires protégées», ironise Jean-Christophe Vié, un brin désabusé: «La tâche semble tellement gigantesque...» A certains endroits, il en va pourtant de la survie économique: «L'industrie du tourisme aux Caraïbes dépend fortement de la beauté et de la santé de la vie marine, dit Kent Carpenter, directeur du GMSA. Des actions concentrées de conservation marine et un effort mondial pour arrêter les changements climatiques induits par l'homme sont nécessaires pour préserver ce moteur économique vital dans la région.»

Source : http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=214692


La Liste rouge de l'UICN, référence mondiale des espèces menacées 

Olivier Dessibourg

Chaque année, l'Union mondiale pour la nature (UICN), basée à Gland (VD), met à jour sa Liste rouge des espèces menacées. L'édition 2007 a été révélée hier: 41415 espèces animales et végétales sont répertoriées, dont 16306 menacées d'extinction (contre 16118 en 2006). Le nombre total d'espèces à la surface du globe reste incertain, estimé de 10 à 100 millions, avec une valeur plus probable d'environ 15 millions, dont 1,7 million connues. L'UICN classe ces espèces en catégories, par ordre décroissant: «Eteint», «En danger critique d'extinction», «En danger», «Vulnérable», «Quasi menacé» (proche du seuil des espèces menacées en l'absence de mesures spécifiques et permanentes), «Préoccupation mineure» (risque d'extinction faible) et enfin «Données insuffisantes».

En résumé, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens, un gros tiers des poissons et 70% des plantes répertoriées à ce jour dans la Liste rouge sont menacés. Et en Suisse? 519 espèces qui y vivent figurent sur la Liste rouge, dont 47 sont menacées. Deux sont «En danger critique d'extinction», l'esturgeon européen (Acipenser sturio) et l'apron du Rhône (Zingel asper). Trois sont «En danger»: il s'agit de deux poissons d'eau douce, le barbeau canin (Barbus caninus) et le nase italien (Chondrostoma soetta), ainsi que d'une plante, la bryophyte (Distichophyllum carinatum). A l'échelle mondiale, cette mousse de feuillus n'est recensée que sur six sites, dont un se trouve en Suisse.

Selon l'UICN, l'homme est le principal responsable de la majeure partie du déclin des espèces, de plusieurs manières: dégradation des habitats des espèces, espèce envahissante introduite, prélèvement non durable, chasse excessive ou encore pollution.

«Le rythme de l'érosion de la biodiversité s'accélère et nous devons agir sans plus attendre pour mettre un terme à cette crise mondiale de l'extinction. Nous pouvons le faire mais uniquement dans le cadre d'un effort concerté à tous les niveaux de la société», a insisté Julia Marton-Lefèvre, directrice de l'UICN.

Infos: http://www.uicn.org/redlist  

Source : http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=214692

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