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Exploitation des icebergs pour l'eau potable --> Du remorquage à l'embouteillage

Le 9 juin 2007

Les pressions exercées par les populations humaines sur les ressources en eau sont de plus en plus fortes. La croissance démographique, l’urbanisation rapide, l’adoption de nouveaux modes de consommation et de production agricole, et la pollution sont autant de facteurs qui se traduisent souvent par une dégradation des ressources en eau. Les gouvernements, pour des raisons essentiellement politiques, essaient dans la mesure du possible d’aller chercher l’eau où elle se trouve. En effet, modifier la structure de consommation impliquerait souvent la mise en place de réformes importantes, notamment la tarification de la ressource afin d’en réduire le gaspillage.


Plusieurs moyens ont été envisagés afin d’accroître l’offre d’eau. Les détournements de rivières et les transferts interbassins sont parmi les plus courants. Certains pays utilisent le dessalement ou encore des techniques de recyclage de l’eau. Dans les années 1970, certains chercheurs pensaient que le transport d’icebergs de l’Antarctique jusque dans les zones arides du globe pourrait résoudre de nombreux problèmes d’approvisionnement en eau. En plus de représenter des réserves immenses, l’exploitation des icebergs peut se faire sans coûts politiques importants, puisque cette eau est inutilisée et n’appartient à personne.

À ce jour, cette option ne s’est pas concrétisée, compte tenu du coût financier trop élevé et des nombreux problèmes techniques qui se posent. Mais selon certains spécialistes, la possibilité d’exploiter des icebergs risque, éventuellement, de refaire surface.

L’enthousiasme sans limite des années 1970

L’un des premiers à planifier sérieusement le transport d’icebergs de l’Antarctique, dans les années 1950, est John Issacs, un océanographe de la Scripps Institution, en Californie. Il calculait que six bateaux pourraient tirer en quelques mois des icebergs mesurant 30 kilomètres. L’enthousiasme envers l’idée du transport d’iceberg atteint son apogée en 1977, lors d’une conférence internationale sur l’exploitation des icebergs qui se déroule à l’Université d’Iowa State. Parmi les pays ayant le plus contribué au contenu de cette conférence, on retrouve notamment les États-Unis, la France, le Canada et l’Arabie Saoudite. Certains experts croient alors possible de remorquer des icebergs mesurant 80 kilomètres de longueur. D’autres, comme les chercheurs John Hult et Neil Ostrander proposent de tailler les icebergs afin qu’ils aient une forme de proue de bateau pour ensuite les tirer en chaîne à l’aide de remorqueurs fonctionnant à l’énergie nucléaire.

Mais les difficultés techniques et financières sont loin d’être surmontées afin de concrétiser le transport d’icebergs de l’Antarctique. Parmi celles-ci, notons les conditions climatiques difficiles durant le voyage, l’instabilité des icebergs, le danger que leur morcellement poserait pour la navigation, et les risques d’effets néfastes sur les écosystèmes. L’idée de remorquer des icebergs a été mise de côté depuis le début des années 80.

La « chasse aux icebergs »

Le remorquage ne constitue pas la seule manière de « changer la glace en eau ». À la lumière du vide juridique entourant l’appropriation d’icebergs en eau internationale, d’autres types d’exploitation commerciale de l’eau d’icebergs pourraient créer un précédent, advenant la réalisation de projets de transport à plus grande échelle. Les icebergs provenant de la côte ouest du Groenland migrent vers Terre Neuve chaque année entre avril et juillet. C’est la « saison de la chasse ».

Après avoir identifié par avion les icebergs accessibles, les « chasseurs » se rendent sur place en bateau et cassent des morceaux de glace à l’aide de scies et de grues accrochées à l’iceberg. Certains vont même jusqu’à tirer les icebergs à la carabine en espérant que des morceaux plus petits s’en détachent. La glace est ensuite concassée, puis entreposée dans des barges en vue de la fonte.

Les deux chefs de file en développement de techniques de récoltes de glace sont la compagnie Iceberg Industries et la Canadian Iceberg Vodka Corporation. Fondée par un ancien directeur de Canadian Iceberg en 1996, Iceberg Industries appartient à Iceberg Corp. of America, incorporée au Nevada. Elle a terminé en 2002 la conception d’une usine d’embouteillage flottante. Un excavateur de 22 mètres réalise le travail d’excavation. La glace est ensuite aspirée par un pneumatique jusqu’au bateau-usine. En plus d’être associé aux marques Borealis Iceberg Water, Borealis Iceberg Vodka et Borealis Iceberg Beer, l’entreprise a également signé un contrat important avec la chaîne Loblaws qui commercialise de l’eau d’iceberg sous sa marque maison President’s Choice. Canadian Iceberg a pour sa part débuté ses activités en 1995. Les icebergs n’étant alors pas reconnus comme une source d’eau par les gouvernements américain et canadien, la société décide d’embouteiller de la vodka, la Iceberg Vodka, en partenariat avec la Newfoundland Liquor Corporation pour l’embouteillage. La Iceberg Vodka est plus difficile que l’eau à positionner dans les hautes gammes du marché, à cause de la forte concurrence de marques bien établies telles que Smirnoff. La Iceberg Vodka est maintenant disponible dans 15 pays et 13 États américains, le plus important marché étant la Floride. Iceberg Vodka a reçu une médaille d’or du Beverage Tasting Institute de Chicago en 1998, et a été classée première par le Wine Access Magazine en 2001.

par Marianne Audette-Chapdelaine le 9 juin 2007

Source : http://www.apetudiante.info/spip.php?article280

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