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La sécheresse s'installe, le Lubéron économise son eau

Le 08 Mai 2007

Pour mesurer la gravité de la sécheresse qui frappe le Lubéron, ses habitants ne manquent pas d'indices. Ici, c'est une source, autrefois aussi grosse que le poing, qui se trouve réduite à un mince filet. Là, un puits familial jamais vu à sec auparavant. Ce sont les lavandins qui meurent de soif. C'est l'état pitoyable des rivières. A Apt, le tumultueux torrent du Calavon est devenu un petit ruisseau boueux. Les collines couvertes de vignes ou de pâturages n'ont pourtant rien de désertique. Quelques pluies maintiennent la végétation en vie. Mais elles sont trop faibles et trop tardives pour recharger les nappes souterraines. Deux jours de mistral, quinze jours de soleil, et tout redevient sec.

Selon le viticulteur Patrick Barnoin, la sécheresse a commencé en 2003. Son relevé pluviométrique, tenu avec application depuis des décennies, montre une moyenne annuelle de 680 millimètres de pluies avant cette date. Depuis, elle est tombée à 480 millimètres.

Les équipes du Parc naturel régional (PNR) du Lubéron ont consigné le nombre de jours où au moins une portion du Calavon est à sec. De 82 jours par an avant 1997, la moyenne est passée à 200 jours depuis, et un record de 300 jours a été atteint en 2006. Partout, le constat est le même : le déficit s'accumule, les nappes sont au plus bas. Cela vaut dans toute la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La végétation commence à changer. "Des pins sylvestres et des pins d'Alep meurent, constate Lionel Kmiec, responsable de l'Office national des forêts dans la zone. La hêtraie risque de disparaître." De nouvelles espèces, plus proches du buisson, apparaissent.

Certains maires craignent pour la fréquentation touristique : en cas de sécheresse, le massif forestier est fermé aux promeneurs à cause des risques d'incendies. Des visiteurs potentiels commencent à s'en inquiéter. Le cours des rivières est perturbé. "La végétation colonise leur lit, les bancs d'alluvions se stabilisent, ce qui perturbe l'écoulement et augmente les risques de débordements en cas de crue", explique Cédric Proust, chargé du suivi des rivières au PNR.

Des restrictions d'usage de l'eau sont en vigueur dans le département du Vaucluse depuis la fin du mois d'avril. Les habitants les subissent chaque année. La nouveauté, c'est la date : "On a deux mois d'avance sur le calendrier habituel", résume Cédric Proust.

Dans le petit village de Buoux, le maire, Jean-Alain Cayla, a prévenu personnellement les propriétaires de piscines et de jardins des interdictions en vigueur. "Avant, on demandait de la discipline pendant deux mois, maintenant, ça dure six mois", soupire-t-il. Mais aucun maire de la région n'effectue de ronde nocturne pour vérifier le respect des interdictions d'arrosage. M. Cayla fait la chasse aux massifs de fleurs, trop gourmands.

LE CIVISME DE CHACUN EST SOLLICITÉ

Tous les consommateurs d'eau ne sont pas logés à la même enseigne. Une partie a la chance de bénéficier d'un approvisionnement venu des Alpes. Les premières dérivations sur le cours de la Durance, qui se jette dans le Rhône, remontent au XIIe siècle. La création du barrage de Serre-Ponçon, en 1960, a permis de dompter le cours d'eau, très imprévisible, et, en stockant 1,2 milliard de m3, de sécuriser la ressource en eau.

"Ici, avant Serre-Ponçon, il y avait des guerres de l'eau, même entre voisins et amis, c'était comme dans Manon des sources !", raconte Yvon Sarnette, président du canal Saint-Julien, le plus ancien canal d'irrigation de Provence. Aujourd'hui, grâce à cet équipement, l'agriculture s'est développée, et l'approvisionnement des villes de la région est assuré. Mais cela durera-t-il ? "Nous sommes tributaires du manteau neigeux des Alpes, rappelle M. Sarnette. S'il diminue sous l'effet du réchauffement climatique, nous aurons des problèmes."

Et les besoins en eau, eux, augmentent. A cause de la sécheresse, les agriculteurs se mettent à irriguer le blé, et même la vigne. Les villes se développent et, en été, les touristes affluent. Pour faire face, ceux qui ne sont desservis par aucun canal n'ont qu'une solution : forer.

Agriculteurs, municipalités, particuliers sondent le sous-sol, à la recherche de nouveaux approvisionnements. "Nous essayons d'être vigilants sur ces prélèvements, affirme Olivier Rousset, directeur de l'environnement en région PACA. Mais il est clair que si la pluviométrie reste la même, nous ne pourrons pas continuer à pomper au même rythme."

Le mot d'ordre est donc partout aux économies. Le civisme de chacun est sollicité. Mais pour économiser des quantités importantes, ce sont les techniques agricoles et la qualité des réseaux municipaux qui font la différence. "Il faut se préparer à vivre ces périodes, et faire tous les efforts possibles, affirme M. Rousset. Nous avons encore des marges de manoeuvre, mais elles ne sont pas infinies."

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-907220@51-903961,0.html

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